LE PRIVÉ A LE VENT DANS LES VOILES À LA BAIE DE BEAUPORT

 

Pierre-André Normandin

Le Soleil du 06 janvier 2009

 

(Québec) Il n’y a pas que les adeptes de planche à voile à avoir le vent dans les voiles à la baie de Beauport : le privé aussi. Le Port de Québec et la Ville négocient présentement pour donner à nouveau à la compagnie Gestev la gestion de ce lieu populaire auprès des adeptes de sports nautiques.

 

Complètement retapées par le fédéral pour 19,3 millions $ l’an dernier, les installations de la baie de Beauport devaient être prises en charge par Québec pour une période de 30 ans. Mais voilà, la Ville avait fait volte-face le printemps dernier et préféré laisser au Port – propriétaire du lieu – le soin d’en confier la gestion au privé.Cette solution de rechange avait toutefois forcé l’administration portuaire à couvrir un déficit «substantiel» en 2008. En effet, la subvention de 500 000 $ accordée par Québec n’a pas suffi à couvrir les frais d’exploitation de Gestev. Ce qui est désormais hors de question, d’où la nouvelle ronde de négociations devant s’achever d’ici la fin janvier pour permettre l’ouverture de l’endroit à la mi-mai.

 

«Ce n’est pas notre vocation que d’opérer un parc au profit de la population, explique Marcel Labrecque, vice-président exécutif du Port. Ce qu’on cherche, c’est de trouver une formule où la contribution de la Ville est suffisante et où les usagers paient un prix adéquat pour les services qu’ils obtiennent», de préciser M. Labrecque. Ce dernier a refusé de révéler au Soleil à combien se chiffrait ce manque à gagner.

 

Gestev encore une fois

 

Choisie à la dernière minute au printemps 2008, Gestev est toujours intéressée à gérer la baie de Beauport cette année et a récemment soumis une offre à la Ville et au Port pour 2009. L’entreprise spécialisée dans l’organisation d’événements – Red Bull Crashed Ice, Sownboard Jamboree, Vélirium – se dit confiante d’augmenter les revenus du lieu pour éviter de refiler une facture salée à Québec.

«Avec une année d’expérience, on est plus en mesure d’exploiter plus efficacement le site, estime son président, Patrice Drouin. J’imagine qu’on va augmenter les revenus. Après tout, la (saison) va être plus longue et le site a été apprivoisé. On connaît ses capacités et incapacités. On devrait être plus performants.»

 

Gratuité maintenue

 

Reste que la gestion d’un espace public impose d’importantes limites, reconnaît Gestev. Ainsi, il n’est toujours pas question d’imposer un droit d’entrée. Reste donc les profits tirés du stationnement, de la restauration ou encore des services comme la location d’équipements et de salles.

«Générer des revenus substantiels avec cet endroit en quelques mois, ce n’est pas vraiment envisageable. Il y a des limites à ce qu’on peut faire», souligne Patrice Drouin, qui a employé une trentaine de personnes l’été dernier à la baie de Beauport.

 

Le Port satisfait

 

Chose certaine, le Port semble être satisfait de la prestation de Gestev l’été dernier. Seuls «quelques ajustements» devront être apportés à la formule, confie M. Labrecque, sans préciser quelles améliorations s’avèrent nécessaires. «C’est un site nouveau avec des nouvelles installations et un nouveau type de gestion, alors il y a toujours des ajustements à faire», s’est-il contenté de dire.

À moins qu’un conflit majeur ne survienne entre Québec et le Port, une entente est prévue d’ici la fin janvier. L’ouverture de la baie de Beauport devrait donc avoir lieu vers la mi-mai. Rappelons que l’imbroglio entre la Ville et le Port sur sa gestion avait reporté au 21 juin son ouverture l’an dernier, soit deux semaines après la fin des travaux de réfection de l’endroit.

 

lesoleil

 

Les installations de la baie de Beauport devaient être prises en charge par Québec pour une période de 30 ans, mais la Ville avait fait volte-face le printemps dernier et préféré laisser au Port ? propriétaire du lieu ? le soin d’en confier la gestion au privé. La Ville et le Port négocient actuellement avec l’entreprise Gestev (Red Bull Crashed Ice, Vélirium), qui a géré l’endroit cet été.